« L'insomnie me broie, je la pèse
Plus j'me retourne, plus son poids me rabaisse
L'oeil ouvert sur le noir de la pièce
Page cornée : chapitre 3 de « La Peste »
Deux heures à tuer avec « Les amants du Pont-Neuf » qu'Arte rediffuse
Rien à compter j'me suis déjà fait tous les moutons la veille dans l'bus
Le corps comme un mur porteur avec une tête vissée dessus
Chaque minute pareille à la précédente comme un skeud de C2C
Le marchand d'sable ne monte pas au 5ème angoisses dans le sablier
Ces putains de nuits blanches ne sont qu'des rêves érotiques habillés
Tramadol, Puvis de Chavannes, anti-inflammatoires
Tramadol, « Île des vérités », anti-inflammatoires
Tramadol, etc... j'me refais l'intégrale « Twin Peaks »
Tellement défoncé qu'le nain m'paraît normal, film X
En guise d'issue d'secours mais les heures ne sont qu'des portes en fonte
J'file des blazes à chaque araignée squattant l'désert de mon plafond
Oublié dans la pesanteur
Terrain vague sans promoteur
Le sommeil est comme l'or : plus il brille moins il est prometteur »

Lucio Bukowski, “Svärta”




© Louis-Colin Andrieu